Stop aux coupes rases qui saccagent les forêts franciliennes

9000 arbres coupés, 9 ha de forêts supprimés, des sols imperméabilisés, un recul de la biodiversité : c’était le prix à payer selon Valérie Pécresse pour que la base de loisirs de la Corniche des Forts à Romainville voit le jour. Inauguré ce 21 mai par la présidente de la Région, ce projet d’aménagement écocide est à l’image de la stratégie forêt et bois qu’elle mène depuis le début de son mandat : une politique d’exploitation de la forêt à visée exclusivement économique.

Le modèle industriel qu’elle porte « pour une filière verte compétitive » considère nos forêts comme de simples gisements de bois. Lieu de loisirs et de sociabilité, véritable réserve pour la biodiversité, la forêt joue un rôle important de prévention des risques naturels et de lutte contre le réchauffement climatique. La généralisation des coupes rases dans les forêts franciliennes les réduisent à leur seule fonction de fournisseuses de matériaux.

Alors même que les habitant·e·s, les associations environnementales, les élu·e·s écologistes alertent depuis des années sur les conséquences dramatiques de cette pratique, Valérie Pécresse persévère dans cette gestion au bulldozer en fuyant les discussions avec celles et ceux qui s’élèvent contre les « coupes à blanc ». Comme à Romainville, où le projet de sauvegarde de la forêt n’était pas incompatible avec celui de l’Île-de-loisirs, nécessaire aux habitant·e·s de ce territoire.

Ces coupes se définissent par un abattage de la totalité des arbres d’une parcelle d’une forêt dans le but d’extraire un maximum de bois le plus rapidement possible. Elles ne considèrent ni l’âge de maturité des arbres, ni l’écosystème forestier. Véritable aberration écologique, cette pratique qui détruit les habitats de nombreuses espèces est une menace pour la biodiversité forestière. Elle a des effets dévastateurs sur le filtrage des eaux, provoque une érosion des sols, une hausse des températures et incite à une uniformisation des forêts, les différentes essences de feuillus étant remplacées par des plantations monospécifiques de résineux, plus adaptées à cette pratique faussement rentable.

Les gestions industrielles et les ambitions à court-terme doivent céder leur place. La forêt doit retrouver, en plus de sa fonction économique, ses fonctions écologiques et sociales. Pour préserver la biodiversité qu’ils abritent, leurs écosystèmes et parce qu’ils sont un véritable atout contre le dérèglement climatique, un label régional doit protéger les arbres anciens et empêcher toute coupe, sauf nécessité absolue. Inscrivons à nouveau la forêt dans une temporalité qui est la sienne et qui n’est pas celle de l’immédiateté.

Photo © LP/Florence Hubin

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